Afghanistan, c’est à mon tour (d’en parler) – Remix

Y’avait ce gars avec qui j’ai travaillé dans mon stage à Valcartier, l’été dernier, un nurse. Un grand gaillard trop gêné. Je m’étais même permis de lui shooter une couple de commentaires « matcho-léger » (ben oui, quoi, ca passe encore qd on est une fille, hihihi) parce que ca le faisait sourire, tout gêné qu’il était. C’était mignon. Mais il était vraiment nice comme collègue.

C’est aussi avec lui que j’ai donné ma première prescription. Et après avoir fait ma suggestion d’antibiotique, on est retourné voir le patient, le médecin, le nurse, et moi. Alors que le médecin questionne le patient, dans la 40taine, sur la fréquence de ses rhumes :

[Patient] – Ah, vous savez, depuis qu’on a commencé la garderie, j’enfile un rhume après l’autre
[Marie – prend son meilleur ton de blonde, surprise] – Hein ?!? Vous allez encore à la garderie ??

Bonbon, évidemment, j’avais compris qu’il parlait de son kid… C’est connu que les parents, lorsqu’ils envoient leurs enfants à la garderie, attrapent de leurs tchipouts tout ce qui est en vogue dans le domaine de la microbiologie. Ca forge le système immunitaire… et le caractère.

Tout ca pour dire que le patient part à rire. Et l’infirmier aussi. Un grand rire franc. Je souris : j’aurai enfin réussi à le faire rire, le grand garcon trop gêné. Moi ca m’a fait sourire.

C’était la dernière fois que j’ai travaillé avec. Et ca s’est avéré être la dernière fois que je le verrais aussi. J’ai appris hier (je suis en retard, je sais) qu’un des hommes qui a rendu l’âme en sol afghan cette semaine était justement ce gars là.

Toutes mes pensées vont à sa femme, ses filles, et tous ceux qui le pleurent.

Avant aujourd’hui, je ne connaissais personne qui était mort à la guerre. Maintenant, je connais quelqu’un. Mais je me trouve chanceuse d’en connaitre qu’un seul.

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6 Réponses

  1. Ton article m’a touché, tu sais cet homme a fait un choix de carrière qui lui permet de mettre sa propre vie en jeu pour défendre notre mode de vie et nos envies de luxure.

    En même temps de ne pas te souhaiter de connaitre d’autres morts, je te souhaite de connaitre d’autres gens si dévoués qu’ils mettent leur vie sur la ligne pour défendre et propager leurs valeurs d’égalité, de justice et de richesse.

    Il ne faut pas oublier qu,ils ne sont pas des victimes, mais de véritables héros !

  2. Hum…la question est de savoir si la présence des soldats Canadiens en Afghanistan sert vraiment à défendre notre mode de vie…

    J’ai un profond respect pour ceux qui choisissent de servir sous les drapeaux (mon grand-père était major). Toutefois, ce respect n’est pas lié à leur mission (que je désapprouve, pour plusieurs raisons que je ne nommerai pas ici), mais plutôt au fait qu’ils accomplissent leur devoir en obéissant aux ordres qu’ils reçoivent, qu’ils soient d’accord ou non avec ceux-ci.

    Le devoir d’un soldat est de servir, et ce parfois au péril de sa vie, non pas de questionner la mission. Notre devoir, en tant que citoyen, est *précisément* de questionner cette mission, tout en respectant le sacrifice de ceux qui servent, peu importe notre avis sur la guerre.

  3. Oh seigneur…

    Je ne remets pas en question la présence des soldats canadiens en terre afghane. Je ne sais pas quoi en penser, et puis sérieusement, peu importe ce que j’en pense, ça ne changerait rien.

    Mais veut veut pas… Quand on parle d’un soldat américain qui tombe au combat, c’est triste. Quand on parle d’un soldat québécois, un p’tit gars d’ici, un p’tit Tremblay, un p’tit Leduc, un p’tit Castonguay… Ça touche plus. C’est près de nous. C’est intense.

    Ce que tu décris me va droit au coeur. J’aimerais ne jamais avoir à vivre un pareil moment. Je le souhaite de tout coeur.

    Toutes mes pensées à sa famille… Et à toi aussi, qui doit être plutôt chamboulée.

  4. Le but de ce post n’était pas de parler de politique (pitié !) mais bien de vous parler d’un collègue, d’un ami, qui est tombé au combat.

    Maintenant que j’ai un commentaire pour et un contre notre présence en Afghanistan (alors qu’on s’entend, c’est hors contexte) je vous prierais de vous en tenir davantage au sujet : la mémoire dudit ami, ou au pire, des gens mort a la guerre, etc. Car comme Chocolyane, j’ai pas vraiment d’avis sur notre présence là-bas… Vous avez bien du vous rendre compte que ce blog à très peu de saveur politique… 😉

    Il reste que si on lit le texte transmis aux médias par la famille, l’homme concerné était là-bas par conviction, lui, et que c’est tout ce qui compte ici, puisque c’est sa mémoire que je veux honorer dans ce post.

    Ceci dit, je suis heureuse d’avoir pu vous toucher 🙂

    Merci de ton « concern » Chocolyane, je me porte assez bien 🙂 J’ai été davantage surprise, je ne m’attendais pas à reconnaitre quelqu’un ! Comme je l’ai mentionné, et tout comme toi, je pense surtout à sa famille !

    (Sinon… ben… je souhaite de tout coeur qu’il soit mort sur le coup 😦 )

    (moi aussi je vais être hors contexte : merci aussi pour le link, Chocolyane, j’ai plusieurs chocoamis qui viennent faire un tour maintenant ! hihihi)

  5. Désolé, je ne voulais pas créer de controverse…mais en fait, nous disons la même chose, c’est-à-dire qu’il faut (selon moi) honorer la mémoire des soldats, et ce peu importe que nous soyons d’accord avec la mission ou pas.

    J’irai un peu plus loin: que le soldat soit Québecois ou non, *tous* ceux qui sont tués lors d’une guerre sont les frères, soeurs, pères, mères, cousin(e)s, ami(e)s de quelqu’un. Chacune de ces morts est une tragédie, et c’est ce qu’on réalise quand on se rend compte que l’on connaît l’un d’eux. C’est pourquoi on peut détester la guerre tout en respectant les soldats, que l’on peut avoir de la compassion pour celui qui donne sa vie dans l’exercice du devoir, même si on est en désaccord avec la cause qu’il défend. C’est aussi vrai pour le soldat ennemi qui, lui aussi, ne fait souvent suivre les ordres.

    Alors voilà, désolé d’avoir mis une note politique dans ce blog…toutefois, on ne peut échapper au fait que la mort de ces soldats et ultimement le résultat de décisions politiques. Il est très difficile – voire impossible – de parler de la mort de soldats tout en évacuant l’aspect politique. Que l’on veuille ou non, ce dernier y est intrinsèquement lié…

    Pour finir, quelques citations que j’aime bien sur le sujet:

    « War does not decide who is right, war decides who is left. »
    — Bertrand Russell

    « When people speak to you about a preventive war, you tell them to go and fight it. After my experience, I have come to hate war. War settles nothing. »
    — Dwight D. Eisenhower

    « One of the great American tragedies is to have participated in a just war. It’s been possible for politicians and movie-makers to encourage us we’re always good guys. The Second World War absolutely had to be fought. I wouldn’t have missed it for the world. But we never talk about the people we kill. This is never spoken of. »
    — Kurt Vonnegut, Jr.

    Peace. 🙂

    É.

  6. Bonne pensée.

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