Le plus cool cours de pharmaco

J’ai la l’extrême chance d’avoir mon amoureux qui me trimbale pour mes cours de pharmaco le mercredi soir.

[Marie] – Tsé, si tu veux rester pour le cours ce soir, ca va être le Dr Poitras, il est trop cool ! C’est sur que tu vas pas t’emmerder.
[L’amoureux] – No way ! Vous êtes toujours en train de faire des jokes de Docteur que je comprends pas.
[Marie] – Pfff ! C’est même pas vrai !! (C’est vrai que c’est pas vrai…)
[L’amoureux] – Comme «C’est quoi la différence entre la plèvre et la laparoscopie ?»
[Marie] – …
[L’amoureux] – L’OEDÈME ! HAHAHAHAHA !
[Marie] – … Tu fais juste mettre ensemble 3 termes médicaux que tu as entendu cette semaine pour faire semblant de faire une joke de docteur ?
[L’amoureux] – Pffff

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En tout cas, je n’avais pas tort ! Dr Poitras s’est montré à la hauteur et le cours de pharmaco de mercredi était probablement le plus cool à date.

[Dr Poitras] – Ce qui est bien d’être en Gastro-entérologie c’est qu’il y a de mes collègues qui, vraiment, étudient des choses très importantes comme les selles, et qui arrivent avec des résultats d’études comme ceci : The Bristol Stool Form Scale.

Ca a vraiment fait fureur.

[Marie] – Gab ? Tu te retrouve où là dessus ?

L’art des antibiotiques

Mme Cornue demande : « Est-ce que vous avez un règlement qui stipule que vous devez absolument prescrire un tel antibio avant un autre ?? Genre, de pour kessé faire on se ramasse encore avec de l’amoxiciline alors que ça marche jamais ??? »

Avec l’expérience de 4 cornus, tu as fait une excellente observation 😀

En fait, ce n’est pas tant « un règlement » que des règles de bonne pratique… Même la pénicilline ben straight peut être le meilleur choix ! 😀 c’est encore le meilleur choix pour les maux de gorge… et pour la syphilis ! (mais bon, tes cornus sont, on l’espère, encore un peu jeunes pour la syphilis 😛 )

En fait, le choix de l’antibiotique est (aussi) un art. Tout d’abord, il faut que ce soit une infection bactérienne (si c’est viral, l’antibiotique n’améliorera rien !) Ensuite, on y va selon la probabilité de la bactérie qui infecte. Pour ca, on a des statistiques à l’appui. Si ton cornu va à la garderie, les bibites sont généralement différentes et risques d’être plus résistantes aux antibiotiques alors on choisi normalement qqch de plus fort.

Il faut aussi tenir compte des antibiotiques prit récemment, et évidemment des allergies…

Et dépendant du type d’infection (gorge, poumon, urinaire, intestin, cerveau ! etc) certaines familles d’antibiotiques se concentrent mieux à certains endroit, et donc sont un meilleur choix.

Si on prend « un gros canon » dès le début, c’est comme tuer une mouche avec une bombe plutôt qu’avec une tapette à mouche ! Et si les bactéries deviennent résistantes (ce qui fini toujours par arriver avec le temps, c’est de la sélection naturelle !) à nos gros canons, on se retrouve dans le caca !  Alors que si elles sont, à la longue, résistantes à nos tapettes à mouche, on peut toujours essayer une plus grosse tapette à mouche pour l’instant.  D’où l’importance de ces « règles de bonne pratique »

Voilà, j’espère que ca répond à ta question 🙂

PS : donc en gros, informe ton médecin de ce que ton cornu malade a eu comme antibio récemment, et aussi de ce que les frères et soeurs cornu on pu partager récemment. On s’entend tu pour dire que tu as presque une mini garderie 😉

Mauvaise nouvelle

Mon patron est assis au bureau, il est dans ses pensées. Il vient de parler avec l’urgentiste de Ste-Justine qui accepte de prendre notre patient.

Il lui a dit qu’il y a quelques semaines, le garcon allait assez bien. Quelques douleurs sont apparues, qui s’en inquièterait chez un jeune sportif ? Puis d’autres symptomes, un après l’autres, ont surgit, sans liens apparant… laissant l’externe un peu confuse !

Le scan, cependant, était incontestable : plusieurs masses à l’abdomen.

Le transfert est pour bientôt, on doit annoncer la nouvelle à la famille.

[Patron] – Comment tu formulerais ca ?
[Wannabe Dr Marie] – heu… j’irai droit au but «Les nouvelles ne sont pas très bonnes, nous avons découvert des masses à l’abdomen, et c’est ca qui cause tel et tel symptôme. Nous avons parlé à Ste-Justine et le spécialiste vous attend, il va vous prendre en charge là bas. Vous avez des questions pour moi ?»
[Patron] – Tu sais, du moment que tu parles de cancer, les gens n’entende plus. Leurs questions viendrons plus tard. Et de toute manière, ce n’est pas moi l’expert… Alors effectivement, il faut rester concis. Mais on va essayer de donner une petite touche un peu plus positive… Il n’y a pas Chose-Bine et Chose-Binouche de connu qui s’en sont sorti ?
[Wannabe Dr Marie] – Mais on ne connait pas ses chances de s’en sortir, et de faire un message tout positif avec les p’tits oiseaux et les p’tits arc-en-ciels, c’est pas plus éthique, non ?
[Patron] – Effectivement. Mais aussi bien finir sur une note positive pour pas le démolir aujourd’hui. Ce qu’on sait, c’est que les traitements qui l’attendent ne seront pas joyeux, mais moi je ne connaitrai pas ses chances de s’en sortir. Et puis, si possible, on mentionne qu’il aurait pu difficilement faire plus il y a quelques semaines, quand les symptômes ont commencés. Avec de la chance, ca leur fera ca de moins à culpabiliser.

Oui, la mauvaise nouvelle est un art…

Reste qu’ils avaient tous des yeux ébahis en apprenant la nouvelle.

Et quand je suis repassée devant la chambre, 2 minutes plus tard, tout le monde pleurait.

Dans une urgence près de chez vous – la suite

Le temps passe vite et je vous néglige… Si certains se surprennent qu’une étudiante en médecine ait le temps de tenir un blog… ca à l’air qu’elle en a pas assez pour le visiter assez souvent 😉

Je sais, vous avez envie de détails croustillants de ma vie palpitante de wannabe urgentiste. Alors qu’en réalité, c’est pas très palpitant.

Tout d’abord, après 3 mois d’ophtalmo, de radiologie, d’anasthésie, de gériatrie et de psychiatrie, je peux honnêtement dire que je n’avais pas fraichement à la mémoire les noms des antibiotiques pour traiter les maux de gorge et les pneumonies… Et j’avais un peu perdu mes connaissances en pédiatries !  Heureusement, ca revient tranquillement pas vite.

Ensuite, l’ugence est un milieu parfait pour pratiquer certaines techniques. J’ai eu l’occasion de faire des points. Et d’intuber un monsieur toute seule comme une grande. Seulement, ca faisait déjà quelques minutes qu’il se faisait faire un massage cardiaque, alors le monsieur avait vomi (ceux qui ont leur cours de RCR savent que c’est un classique).  Malheureusement, il est mort. Ca aussi, ca fait partie de la vie à l’urgence.

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Bien des fois, on s’assure qu’il n’y a pas quelque chose de grave et d’urgent (« la douleur » n’est pas d’origine cardiaque, ce n’est pas une embolie pulmonaire, il n’y a pas de sang dans le cerveau) et on peut donner congé.

Reste qu’on passe beaucoup trop de temps à voir des choses qui devraient être vues par des gens qui n’ont malheureusement pas de médecin de famille…

(Déjà) Fini la torture

intubationOn est seulement mercredi que je suis une pro de l’installation de cathéter veineux alors que mes patients gardent le sourire. Bon, presque. Et, bon, disons qu’on va omettre le fait que c’est encore mon patron qui décide où je pique, détail

Ceci étant dit, je continue à faire des prouesses techniques, comme intuber des patients. Ca fait partie des objectifs de l’anesthésie !

Heureusement, les patients sont déjà endormis quand ont fait ca, alors ils se plaignent pas trop. Et ils peuvent pas être inquiets d’avoir une externe leur faire avaler un tube !

voie-veineuse-centrale1

Mais le plus cool des cools, après avoir vu quelques patrons le faire et trouver ca assez impressionnant, mon patron m’a fait installer une voie veineuse centrale.

Alors que le tout doit tenir avec des points de suture, mon patron ajoute :

[Patron] – Fait moi 2 points pour faire tenir le tout. Une fille qui tricotte devrait pouvoir faire ca !

Bleh 😀

Vivement la torture

Aujourd’hui, c’était ma première journée de ma semaine en anesthésie. J’ai :

– Assez torturé la première patiente (une vraie cette fois-ci) à qui j’installais un accès veineux
– Mieux réussi ma seconde installation d’accès veineux sur un patient (tant mieux pour lui)
– Fait une anesthésie de type « Rachis » (la grande soeur de l’épidurale) dont voici le récit :

Je passe le désinfectant
[Wannepiduraleabe Dre Marie] – Attention, ca va être froid
[Patient – sursaute] – Ah !
J’arrive avec l’anesthésie locale
[Wannabe Dre Marie] – Ca va piquer
[Patient] – Aah !
Injection de l’anesthésie locale
[Wannabe Dre Marie] – Ca va chauffer
[Patient – sursaute encore] – Haaaaaaa !
J’arrive avec le guide
[Wannabe Dre Marie] – Vous allez sentir la pression
[Patient – sursaute anyway] – HA !
J’arrive avec l’aiguille
[Wannabe Dre Marie] – Ca peut faire comme un choc électrique, gardez bien le dos rond
[Patient – sursaute] – Aye !

Et ca a du être reprit par le patron, qui a zigonné genre 3 fois, parce que ca fonctionnait juste pas 😛

Mais faudrait pas se fier à mon expérience si vous avez à avoir ce genre d’anesthésie un jour 😀 First, c’est juste un mauvais moment à passer… et c’est souvent mieux que l’anesthésie général, puisqu’on n’a pas plusieurs des désavantages, dont le réveil ! Et la majorité des patients ne sont pas torturés ainsi 😛 À moins d’avoir une vieille colonne pleine d’arthrose !

Et puis, si je me fie à mon expérience avec les accès veineux, la 2e fois sera la bonne, hehe.

¿ Que passa ?

Je dois honnêtement commencer à flirter avec la folie.

Alors que j’étais en vacances, j’avais commencé à tricotter des lavettes en coton. Genre aumoins 1 par jour. Et depuis, je peux pas m’arrêter.

Aussitôt que j’ai 2 minutes, je sors mes aiguilles et je tricotte.

J’ai délaissé le Web.  Mon blog, et vos blogs aussi, imaginez.

Je suis Marie, je suis tricott-aholic.

Heureusement, mon amoureux m’appuie dans cette phase de mon existence.  Mais je sais pas si je vais m’en sortir.

Du moins, il faudrait bien que je me ressaisisse pour mes examens du collège des médecins en mai… :S

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Il y a 1 semaine, j’ai commencé mon stage en gériatrie.  La gériatrie, c’est la médecine spécialisée des p’tits vieux qui chutent et qui perdent la mémoire.  C’est une équipe de plusieurs collaborateurs qui évaluent les p’tits vieux et qui espère les maintenir à la maison le plus longtemps possible, en toute sécurité, avec services sur CLSC si nécessaire.  Ou s’il le faut, trouvera un endroit pour les placer.

La dynamique d’équipe est beaucoup plus importante que ce qu’on peut trouver ailleurs.  Et maudit que c’est l’fun, d’avoir une équipe qui travaille bien !! (et surtout, de pas être tout seul à faire la job, hehe)

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J’ai terminé mon stage de psychiatrie vraiment sur une drôle de note. Avec mon patron qui m’a reproché des détails et futilités un peu étranges.

Je n’ai pas pu m’empêcher de faire le lien avec le fait que 3 jours plus tôt, croyant faire la bonne chose pour ma patiente qui attendait depuis 1h30 notre verdict, j’interromps mon patron et la résidente en pleine discussion existentielle (sur la vie en général, et donc pas rapport avec la patiente) depuis plus de 45 minutes, pour régler le cas en cours…  Pour se faire, j’utilise une p’tite phrase sympa qui fait un lien entre le sujet en cours et le problème de ma patiente en soulignant -tout sourire – que « bien que tout ceci soit fort intéressant, ma patiente attend depuis fort longtemps et une fois ceci réglé, on pourrait revenir à tout ceci ? ». Vous voyez le genre…

En tout cas, après avoir terminé avec la patiente, mon patron m’a « ramassé », comme quoi ce genre d’intervention, ca ne se faisait tout simplement pas, etc.

Peut être que ce sont mes années de services à la clientèles qui m’ont fait penser à la patiente en premier ?  Ou simplement le gros bon sens ??!

Une chose est sure, champion, c’est qu’être ta patiente, je voudrais pas savoir que tu passes 45 minutes à philosopher sur la vie alors que je vegete dans ta salle d’attente.

De toute manière, Patron-philosophe ou pas, j’avais déjà fait mon idée : je n’avais plus envie de faire de la psy à temps plein…

Medecine Familiale it is…

Ok… Time Out !

J’ai mes exams de fin de stage vendredi… je suis en rush d’étude.

Mais je prends 2 min pour raconter.

Dans le cadre de mon stage de chirurgie, j’ai passé une semaine aux soins intensifs, dans l’équipe de trauma. Vous savez, ca a l’air de quoi, la clientèle de l’équipe de trauma aux soins intensifs ?

Des jeunes hommes.
Qui ont eu des accidents de la route.
En boisson.
Pis des fois ceinture pas attachée.

Dire qu’il y a trois semaines, j’étais en train de taquiner La Fêlée parce qu’elle fume… (parce que bon, tout bon médecin doit rappeler à la population qu’il faut garder en tête de penser à un jour peut être éventuellement penser arrêter de fumer. Vous voyez le genre. Style.) Tsé, je passe toujours un ti message à mes patients. Et le jour où j’ai taquiné La Fêlée, j’avais passé la journée à faire des suivis pour des patients à qui on avait enlevé un bout de poumon à cause du cancer du poumon. Faque tsé, j’me sentais encore plus la fibre de Dre qui a besoin de rappeler l’importance de penser à un jour peut être éventuellement penser à arrêter de fumer…

Mais là, tsé.

Kess tu veux dire de plus au monde qui boivent pis qui conduisent ?
Kess tu veux dire de plus aux champions qui s’attachent pas ?
Kess tu veux dire aux jeunes hommes (ou aux jeunes filles, même si elles se font plus rare) qui se croient invincibles !?!?

Je peux au moins vous dire que pour 180 accidents de la route, y’en a juste 1 qui meurt. Les 179 autres se retrouvent à l’hopital. Et ils s’en sortent pas toujours indemne.

Pas indemne comme dans légume. Comme dans paralysé. Comme dans incontinent. Comme dans reste de ta vie hypothéquée. À 20 ans.

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Ca, c’était il y a 1 semaine.

J’hésitais un peu a discuter du sujet. Parce que j’ai un cousin, il y a quelques années, qui a eu un gros accident de char avec ses amis. Ils étaient tous saouls. Le conducteur est mort. Mon cousin est resté en chaise roulante.

Et j’me dis « Man, c’est vrai que c’est cher payé finir en chaise roulante. Et c’est aussi triste que pour tous les champions qui conduisent en état d’ébriété et qui se rendent à destination, que ca t’arrive à toi. Mais criss, on ne mélange pas boisson et conduite, point final. Encore chanceux de pas avoir fauché la vie d’un innocent dans un autre char. »

Évidemment, j’ai pas dit ca à mon cousin. Ni à la famille. Parce que c’était pu le temps de faire la morale à personne.

La semaine dernière, le cousin est décédé, des complications de son état. Il avait mon age.

Maintenant c’est le moment d’apprendre.

La prochaine fois que vous aller prendre un coup… dites-vous donc :

mieux vaut prévenir que guérir

better safe than sorry

Si ceci ne vous a pas convaincu, autre histoire ici.

Et si vous n’êtes pas capable de faire autrement que de conduire en boisson, ayez au moins la lucidité de signer votre carte d’assurance maladie pour les dons d’organes. Vous faites d’excellents candidats. Merci.

Soir de garde… et de réponses

Bon, ce soir je suis de garde, voyons voir si j’ai le temps de répondre à vous toutes !

1 – Mme Cornue demande : «Vu que tu parles d’orteils, quoi c’kossé que mes enfants ont choppé

Wannabe Dre Marie répond :
Bin, first ma pédiatrie date de… hum… 14 semaines. Et depuis, je ne vois que des vieux, qui, comme tu le mentionnes si bien dans ton post, n’ont pas besoin d’être si vieux pour ne plus attraper les virus-à-pois de leur petits… 😉  Et c’est facinant de voir à quel point j’arrive à ne plus me souvenir de tous assez rapidement *siffle comme une épaisse*

Ceci étant dit, il est vrai que les vésicules (ti bobos) de la maladie main-pied-bouche ressemblent étrangement à celles de la varicelle… sauf que plutôt que d’être partout ailleurs sur le corps, elles ont une forte tendance (oh, quelle coincidence !) à être distribuées sur les mains, les pieds, et dans la bouche…

Ceci étant aussi dit… avec ton titre honorifique de Dre Maman (qui vient automatiquement avec plus que 3 enfants), il est évident que si tu avais vraiment été inquiète par la condition des bambins, tu aurais été consulter avant, non ?  En attendant, leur système immunitaire a fait ce qu’il devait faire.

Bon, évidemment, une consultation Internet, ca vaut absolument rien !!! 😀

PS : tu allaites ton dernier finalement ?  Si oui, c’est probablement pour ca qu’il a rien pogné…

2 – Une Femme Libre demande : «Comment ça on enlève des orteils aux diabétiques? »

Wannabe Dre Marie répond :
Excellente question ! Sans rentrer tout à fait dans les détails…

Il se trouve que le corps garde le taux de sucre dans le sang très contrôlé.  Quant aux diabétiques, ben, ils doivent faire la job de leur pancréas qui a pris sa retraite trop tôt… et s’injecter de l’insuline pour gerer eux-même leur taux de sucre. (Certains qui font du diabète de type 2 peuvent aussi prendre des pilules, au début de leur maladie, quand leur pancréas fonctionne encore en partie)

Il faut l’avouer, c’est toute une job.  Mais il faut le faire. Car si le taux de sucre est trop élevé dans le sang, c’est pas bon pour le corps (en fait, si il est trop bas, c’est l’hypoglycémie, et c’est pas bon non plus, genre le coma ou la mort, mais c’est juste un détail 😛 ).

Si le dude fait pas attention à ses taux de sucre dans le sang et les garde trop élevés, avec le temps, ca attaque les petits vaisseaux et les petits nerfs (et d’autres choses, mais ici, c’est les orteils qui nous intéressent). Et en premier au niveau des extrémités (pieds, puis main).  Un jour, le dude qui fait pas attention perd de plus en plus la sensation dans ses pieds : alors il « abuse » de ses pieds en marchant (ie il a les pieds très très en compote sans s’en rendre compte !) ou il pile sur des trucs et se blesse sans le savoir ! (si vous saviez ce qu’on trouve planté dans les pieds des patients parfois…)

Et le fait que le sucre s’attaque aux petits vaisseaux, ca rend tout le processus de guérison plus compliqué… parce que pour guérir, il faut du sang, qui apporte les nutriments !  Si le sang se rend mal, du coup, ca chie, right ?  On a beau mettre nos meilleurs antibiotiques intraveineux, si le sang se rend pas, l’antibiotique non plus !

Et si, en plus, l’infection passe à l’os, c’est encore plus difficile à faire partir dans ces conditions.  Ou la gangrène s’installe !!!

Alors parfois, si les diabétiques font pas attention à leur taux de sucre (ou des fois, ils ont vraiment un diabète très difficile à contrôler, mais c’est pas la majorité, sérieux…) des fois, donc… il faut faire sauter des orteils. Et parfois des bouts de pieds. Ou des jambes.

Et les diabétiques, très souvent, ils racontent «ah, avoir su».

Et j’ai envie de dire : «Avoir su quoi, dude ? Sais-tu combien j’ai entendu de Dr marteler sur la tête d’un patient que c’était important de faire attention au taux de sucre ?  Et à quel point je répète ca souvent ?»

Et donc, forcément, je me dis qu’il faut qu’il y ait un peu de processus de négation dans tout ca.  Parce que MAN ! Je le répète vraiment surement plus souvent que « fumer c’est pas bien pour la santé », pas de joke !

En guise de conclusion, je vais aussi dire qu’un taux de sucre mal contrôlé, c’est aussi très mauvais pour le coeur, les AVC, les petites artères de la rétine (et donc que ca rend aveugle) et les autres vaisseaux qu’on retrouve partout (comme dans les organes génitaux, genre, et que quand ca fonctionne pu, c’est bye bye le sexe, right ?) etc, etc.

(imaginez si j’étais rentrée dans les détails… 😉 )

3 – Bluefairie demande : «Penses-tu un jour sortir de ton hopital le temps d’un souper?»

Wannabe Dre Marie répond :
Man ! Je suis débordée, sérieux… Ca, et le fait que je passe mon temps dans le 450 de la rive-nord, ces temps-ci 🙂  Dans 2 semaines, j’ai mon examen de chirurgie, et après, je quitte (le soir-même…) pour les vacances.  Donc, les facteurs temps et lieu sont peu coopératifs depuis ton retour d’Écosse… 😦

4 – Finalement, Bilounne me dit : «Je suis tombée sur ton blogue il y a quelque temps et je suis tombée en amour avec ton humour. à cet effet, je t’ai remis le prix Arte y pico sur mon blogue.»

Wannabe Dre Marie répond :
Woo-hoo !!!  Merci Bilounne !! 😀

La fée des orteils – Part II

J’avais débuté mon blog avec un mot sur la fée des orteils

Aujourd’hui, presque 3 ans plus tard, j’ai réussi à ploguer le concept à une patiente…

[Wannabe Dre Marie] – Là là, c’est sérieux ! On vous a déjà amputé un orteil à cause du diabète l’an dernier, et maintenant, vous avez un autre orteil infecté. Moi ca me dérange pas, c’est ma job de chirurgienne d’enlever les orteils. Mais une fois qu’on a enlevé l’orteil et que la fée des orteils est passée pour vous l’échanger contre un trente sous, l’orteil, elle, a repousse pas ! Pis un jour, ca pourrait bien être le tour de votre pied !!
[Patiente] – Ya une fée des orteils ?!

Patch Marie – 6eme et dernière partie

Première Partie
Deuxième Partie
Troisième Partie
Quatrième Partie
Cinquième Partie

[Wannabe Dre Marie] – I know Dr Psy came to see you this morning. He’s a good collegue of mine, but I wanted to know how you find him as a Doctor.
[Patiente] – It’s okay. But you know, I’m leery of him.
[Wannabe Dre Marie] – Leery you say ? I’m sorry, but I don’t know that word, what does it mean ?
[Patiente] – It means suspicious, you know… after all, he’s a Psychiatrist.

Ouais, je sais, c’est un evil Psychiatre !

[Wannabe Dre Marie] – Hahaha ! Well, I’ll tell you something… (chuchote) Before I had my psychiatry internship a few months ago, I kinda use to think the same way… But now that I saw all those nice things we could do for the people, I changed my point of view. And I you need to realise that psychiatry is not for crazy people only, right ? I hope Dr Psy helps you in some way, and you’re not crazy !
[Patiente] – Maybe. And it’s okay. But I’ll still be leery of him !
[Wannabe Dre Marie] – Leery it is ! 😀

Marie sort de la chambre : 😦

Tsé…

J’me rend compte que j’ai pas envie de faire de la médecine contre le monde. Mais avec le monde.  J’ai pas envie d’être le Dr qui entre dans la chambre pis que le patient se dit : « Fuck, le psy » !

Patch Marie – 4eme partie

Première Partie
Deuxième Partie
Troisième Partie

La semaine suivante, sa famille venait la visiter et prendre de ses nouvelles. Alors que je passais, j’explique aussi à la famille où nous en sommes avec les tests, comment ca va se passer avec la maison de convalescence, etc. La conversation avance bien, on échange quelques jokes et civilités. Ma patiente est… pratiquement radieuse !

Et je ne suis pas la seule à l’avoir remarqué.

[Visite] – Compared to a few weeks ago, she’s completely changed ! She’s feeling mush better, and I’m so happy to see her smile.

C’est toujours un peu tricky, avec la visite/famille, de discuter de l’étendu du cas d’une patiente… Messemble que j’ai pas d’affaire à leur raconter qu’elle prend des pilules pour gerer son stress là là…

[Wannabe Dre Marie, voix faussement « full of it »] – Oh That ? It has nothing to do with medecine… It’s because of my Incredible Sens of Humour.

Reste qu’ils se sont vraiment marrés 😉

Touchant le touché !

Woa !

Aujourd’hui, en chirurgie… j’ai vu-en-vrai le coeur battant d’un patient. Et j’y ai touché !

(dégueu ! ca bouge !)

Patch Marie – 3eme partie

Première Partie
Deuxième Partie

Il est vrai que je voyais une amélioration dans l’état de ma patiente. Mais elle était toujours anxieuse, ca se voyait dans ses questions… et à son expression.

[Patiente] – Where is that place ? When I’m I gonna be transfered ? Do I need to bring my food ? Do I need to take a taxi, or will I get there by bus, or do I have to ask my husband ? You know, he’s working and all, so, I hate to ask him in advance… And for my medication…
[Patch Marie] – Stop right here, I don’t want you to worry about nothing for now. We filled the request for the home, but it might take some time for you to go there, so it’s one day at a time ok ? Maybe you’ll even be fine to go home before you get the place, so, no need to worry for now ! ok ?
[Patiente] – Ok…
[Patch Marie] – But since you were wondering, we also take care of your transport. No taxi or bus : I’m pretty sure we just ship you in a box.

Gotcha !
C’est là, que je l’ai eu, mon premier sourire. Pas juste une esquisse, un vrai !

À partir de ce moment là, ma patiente était notablement moins anxieuse. Et surtout plus du tout triste !

Patch Marie – 2eme partie

Première Partie

Le psychiatre rencontre donc ma patiente, et débute une médication appropriée.  Dans les règles de l’art, dans ce cas-ci, on débute avec une petite dose, qu’on augmente graduellement (pour entre autre éviter les effets secondaires… les gens anxieux y sont d’ailleurs souvent plus sensibles et cessent leur thérapie !)

L’effet thérapeutique prend donc quelques jours à apparaitre.  Lors de ma visite quotidienne, je continue, tant bien que mal, à réassurer ma patiente sur les tests faits, sur les changements de médicaments… Sur la raison pourquoi on part avec une petite dose et on augmente ensuite avec ce médicament là et pas les autres…

Entre temps, son état physique s’améliorant, elle n’est plus « assez malade » pour l’hopital, mais pas assez autonome pour retourner à la maison.  Nous faisons donc une demande pour une maison de convalescence. L’infirmière de liaison l’informe donc de son transfert prochain.

À ma visite suivant, la patiente, déjà traumatisée de son déménagement de chambre, est toute inquiète de son transfert prochain !

Shit matter – barrière linguistique

Alors que j’étais dans le Grand Nord, la barrière linguistique était un problème mineur, mais présent.

Tout d’abord parce que, pour la première fois, je devais régulièrement m’exprimer dans des termes médicaux en anglais… Ya pleins de mots qui se ressemblent même pas… Genre :

crachat = sputum (beurk, même le mot est laid)
rate = spleen
rein = kidney
vésicule biliaire = gallbladder (!!?)

L’autre réalité, c’est que l’anglais n’est pas leur langue maternelle. Alors il arrive parfois qu’on ne se rejoint pas sur quelques mots… Et mon apprentissage de l’Inuktitut n’avancait pas assez vite 😀 Heureusement, avec quelques gestes, et beaucoup de bonne volonté, on arrivait toujours à se rejointdre :

[Marie] – Any change with your bowel mouvement ?
[Patient Inuit] – My what ?
[Marie] – Your stool ?
[Patient Inuit] – … ?
[Marie] – …your poop? your crap ? Caca ?
Tsé veux dire… c’est déjà étonnant que j’aie autant de synonyme pour le même mot en anglais :S
[Patient Inuit] – Oooooh ! My shit !
[Marie] – Yessss (of course), your shit… How’s your shit ?

(Des fois, on passe à côté des évidences… Pis on se demande pourquoi, hein ? 😛 )

Après m’être fait faire le coup 3-4 fois, et surtout, voyant que ca choquait pas personne… j’avais adapté mon questionnaire au langage local *tousse*

[Marie] – Any change in your shit ?

La Madame – suite et fin (?)

Première partie
Deuxième partie
Troisième partie
Quatrième partie

(suite de la conversation avec la Soeur de la Madame, comme quoi un malheur n’arrive jamais seul…)

[L’externe] – Qu’est-ce que vous faites à l’hopital alors ?
[La Soeur] – C’est mon fils qui est hospitalisé… Il va avoir une grosse chirurgie.
[L’externe] – Ma face qui dit «Ta gueule !»
CQFD
[L’externe] – Wow ! vous n’allez pas oublier de prendre soins de vous dans tout ca hein ?

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Ca fait maintenant 2 semaines que je suis en chirurgie.

Devinez qui j’ai eu en consultation comme patient ? Le Fils de la Soeur, évidemment.  Avec sa maman.

C’est fou ce que le monde est p’tit hein ?

[L’externe] – On se croise encore !  Comment ca va ?  Vous prenez soins de vous aussi ?
[La Soeur] – Ben oui, on se croise encore ! J’aimerais ca messemble qu’on se croise ailleurs qu’à l’hopital pour faire changement. Au théâtre disons, ca serait moins déprimant !!

La Madame – 4e partie

Première partie
Deuxième partie
Troisième partie

Les semaines passent, et la jolie externe est débordée par son travail. Surement, il arrive qu’elle ait une petite pensée pour la Madame, en espérant que si il est peu probable qu’elle se porte mieux, elle soit au moins plus sereine.

Il serait bien d’aller faire un tour, et prendre des nouvelles. Ou du moins regarder les résultats des derniers tests. Mais putain de merde, la gracieuse externe n’a même pas le temps d’appeler sa propre mère, alors imaginez si elle a le temps pour ce genre de frivolité…

La dernière semaine de stage, la jolie externe croise la soeur de la Madame. La Soeur avait été la sa patiente #2, par procuration pendant que la Madame était alors à sa charge. Quand on a une soeur avec le cancer, on est aussi très boulversé…

[L’externe] – Oh bonjour ! Comment allez-vous ? Vous venez voir votre soeur ?
[La Soeur] – Non, elle est décédée tel jour, 3 jours après son transfert en oncologie…
[L’externe] – Ta gueule !
bon, j’ai pas vraiment dit ca, mais ca a certainement dit ca dans ma tête. Et affiché ca dans ma face.
[L’externe] – Ben voyons donc, je savais pas !

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Voilà comment j’ai appris le premier décès d’un de mes patients.

Qu’est-ce qui arrive à tous les patients morts des docteurs ? Vous croyez qu’ils nous suivent ? Ou qu’ils veillent sur nous comme on a veillé sur eux ?

Qu’est-ce qui arrive avec ceux qui meurent par notre faute alors ? 😦

La Madame – 3e partie

Première partie
Deuxième partie

Entre-temps, un docteur du département d’oncologie était passé voir la Madame. Et même si la Madame était pas contente à l’idée d’être attitrée au « département des cancers », la simple pensée d’une chambre semi-privée restait fort attrayant.

Ainsi donc, après 3 semaines de suivis quotidiens, mais surtout de réponses en suspend, la Madame quittait le département de la jolie et jeune externe pour celui du docteur en oncologie, à l’étage supérieur.

Avant son déménagement, l’externe lui rendit visite, pour savoir comment avait été sa journée de rêve avec notre escorte…

Finalement, il était laid et con. Zut ! 😛

La Madame – 2e partie

Première partie

L’externe, depuis ce temps, a su amadouer la Madame-qui-n’aime-pas-les-docteurs. Évidemment 😉 Alors que la Madame a toute les raisons d’être triste, elle réussit à lui tirer un sourire à chaque visite.

La jolie externe et son équipe décident d’envoyer la Madame dans une autre château (d’une autre forêt enchantée) pour passer un test très très sophistiqué. La Madame, déjà très fatiguée par la maladie et les nombreux tests, est nerveuse à l’idée du voyage…

[Madame] – Là là, docteur, dites-moi si j’en ai encore juste pour 2 jours à vivre !
[Jolie externe-même-pas-encore-Dre] – C’est difficile pour moi de répondre, vu que je sais pas ce que vous avez… Mais comme vous me parlez-là, mon avis personnel, je dirais que non. (Prend ma voix radiophonique) Mais puisque vous voulez discuter de probabilités, comme vous sortez demain pour allez à [tel chateau de telle forêt enchantée], vous pourriez peut être avoir un accident d’auto. Et sur ce point là, j’en ai peut-être moi aussi que pour 2 jours à vivre !
[Madame] – Pfffff !
[Jolie externe] – D’ailleurs, en parlant de votre expédition, j’ai vu dans votre dossier qu’on avait fait la demande pour votre « escorte ». J’espere que vous allez profiter pleinement de notre service d’escorte… (claquements de langue de mononc cochon)
[Madame] – hehehe